Attention avec le retour de dame ‘’ la pluie ’’ : le pire est à venir ?

Etat des lieux et approches conceptuelles

En Côte d’Ivoire, la saison des pluies dure généralement de mai à octobre. Pendant l’hivernage, Abidjan, la ville coquette, devient la ville «sale». En général, dans les grandes villes on assiste impuissant à une déferlante d’ordures entraînées par les eaux de pluies.

Les tas d’immondices sont visibles un peu partout dans la capitale et les autorités peinent à curer les caniveaux, ce qui cause  des inondations destructrices en cas de fortes pluies.

Bien des fois, ce sont les caniveaux sensés drainé l’eau pluviale qui sont utilisés comme poubelles. Marcher dans certaines rues d’Abidjan en saison pluvieuse sans se boucher les narines relève de l’exploit. Certaines rues sont envahies par des tas d’ordures. Il est quasiment impossible en saison des pluies de se promener, flâner à Abidjan comme cela se fait dans toute ville qui se respecte et qui permet à ses habitants de parcourir agréablement ses rues pour prendre de l’air.

Par temps de pluies, Abidjan se transforme en marécages par endroits. La cause est toute simple: toutes les canalisations d’eaux pluviales sont bouchées. Lorsque ce ne sont pas les fameux sacs plastiques qui en sont la cause, c’est carrément parce que les bouches d’égout sont obstruées pour avoir été utilisées inconsciemment et en toute impunité comme poubelles.

Ces gestes d’incivisme doivent cesser à Abidjan. Les autorités doivent y veiller. Par notre propre faute, pour circuler à Abidjan par temps de pluie ressemble à un parcours du combattant.

Abidjan s’est réveillée la semaine dernière, arrosée par de fines gouttes d’une  pluie qui sont tombées aux premières heures de la matinée. Ce qui rend visiblement compte que la saison sèche appartient au passé et qu’il faut désormais compter  avec le retour de la saison  pluvieuse qui s’annonce comme d’habitude avec son lot de catastrophes et de malheurs. On craint partout des inondations de routes et des habitations, écroulement de pans entiers de maisons, affaissement des sols. La liste est encore longue avec la perte de nombreuses vies humaines. Si petite soit-elle,  cette première pluie a montré que le pire est à venir. Car, aussitôt que les premières gouttes de cette averse qui  a l’avantage de chasser l’épaisse couche de  poussière créée pendant la saison sèche sont tombées, les flaques d’eaux et de nids de poules qui jonchent les routes de la capitale, ont été engorgés d’eau, rendant du coup la circulation difficile à bien des endroits.

Cette première pluie a aussi eu le mérite de mettre à nu toute l’étendue des travaux publics : réparation des routes,  asphaltage, curage de caniveaux et de rivières urbaines, agrandissement de berges et lits, construction de ponts et digues , construction de murs de soutènement pour de zones érosives, etc, qui auraient dû être fait et qui ne l’ont  pas été pendant la saison sèche.  Alors que la saison sèche est réputée être la meilleure pour ce genre de travaux.   Et comme si cela ne suffisait pas, on se rend compte que certains chantiers sont à l’arrêt.

Fortes pluies et inondations, attention aux risques sanitaires !

Les intempéries actuelles et leurs conséquences sur la salubrité des habitats (inondations, boue, détritus, coupure d’eau…) sont extrêmement favorables à la transmission d’agents infectieux et aux accidents. Ces risques persisteront même lorsque les conditions climatiques s’amélioreront.

Il y a notamment des risques de leptospirose. Cette maladie est le risque infectieux le plus fréquent. Marcher pieds nus dans l’eau sale ou la boue augmente les risques de contact entre la peau et ces germes infectieux.

La leptospirose est une maladie grave causée par des bactéries (leptospires) qui pénètrent à travers la peau, les muqueuses ou par des blessures (même petites), lors de contacts prolongés avec la boue ou de l’eau sale, souillée par les urines d’animaux (rats, cochons, vaches, chiens…).

Après une incubation en moyenne de 10 jours (pouvant aller de 2 à 30 jours), la maladie débute comme une forte grippe avec une fièvre élevée, des maux de têtes, des douleurs musculaires et articulaires. Une consultation médicale doit avoir lieu le plus tôt possible.

Si le traitement n’est pas débuté assez tôt, des signes de complications peuvent apparaître : atteintes du foie et des reins (jaunisse, urines rouge foncé), hémorragies… Le décès peut survenir dans 5 à 10 % des cas.

La leptospirose est soignée efficacement par des antibiotiques, à condition de consulter un médecin dès les premiers signes.

Consultez rapidement un médecin dès l’apparition des signes suivants, surtout s’il y a eu des contacts avec de l’eau ou de la boue potentiellement souillées durant les 3 semaines précédentes : fièvre élevée et brutale avec malaise ; douleurs dans les muscles, les articulations, le ventre ; forts maux de tête.

Les fortes pluies favorisent également le risque de propagation des germes fécaux (à partir de fosses septiques défectueuses) ainsi que d’autres germes pathogènes.

Assurez-vous que l’eau que vous buvez est propre à la consommation. Il est possible de récupérer de l’eau des fontaines publiques ou chez des personnes. De même, cuisez bien les aliments et veillez à une bonne hygiène corporelle.

Enfin, la saison des pluies est propice à la prolifération des gîtes larvaires et des moustiques. Pour éviter les risques de dengue, maladie à potentiel épidémique, protégez-vous contre les piqûres de moustiques. Éliminez les gîtes larvaires.

Grande pluviométrie et activités économiques aux ralentis …

C’est un truisme de dire que l’insalubrité impacte négativement l’économie et le tourisme. En période hivernale, les marchés où l’insalubrité règne, il y a risque de maladie. Alors beaucoup de personnes (clients, acheteurs) n’y vont plus faire leurs emplettes.

Sur le plan du tourisme, lorsque l’on décide de visiter une ville, un pays, c’est généralement pour voir des choses agréables, garder des souvenirs inoubliables, garnir son album photos d’images de parcs bien entretenus et verdoyants, de rues propres, des réseaux routiers bien tracés et bien marqués, des bâtiments beaux aux couleurs chatoyantes, etc… Or une ville mal entretenue est sources de maladies et cette situation ne favorise pas non plus le tourisme.

 

                         Mory BAMBA de Karamoko ( Afriqueinfos)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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