La Côte d’Ivoire a commencé le dégraissage de son armée

Près d’un millier de militaires ivoiriens ont profité d’un plan de départ volontaire de l’armée. Une annonce faite la semaine dernière par le conseil des ministres. C’est le premier acte fort de la loi de programmation militaire lancée en 2016. Ces retraites par anticipation font partie d’un vaste plan de restructuration des forces armées ivoiriennes lancé en 2016 et cette première vague intervient sept mois après les dernières mutineries qui ont ébranlé le pays. L’objectif affiché est de provoquer le départ de plus de 4 000 soldats d’ici 2020 pour réduire les effectifs de l’armée qui s’élèvent actuellement à 23 000 hommes, la rajeunir et la professionnaliser.

Dégraisser une armée pléthorique et donc coûteuse est une nécessité, selon les experts. « Il s’agit de redynamiser l’outil de défense, explique Lassina Diarra, spécialiste des questions de défense à l’Université Felix Houphouët-Boigny. D’améliorer les conditions de vie et de travail des soldats. Que l’on ait une armée professionnelle qui peut se projeter pour des opérations de sécurisation tant en interne qu’à l’extérieur ».

Réduire les effectifs, mais surtout remettre de l’ordre dans la chaîne de commandement. Selon une source proche du ministère de la Défense, l’armée ivoirienne compte 70% de sous-officiers, alors que ce ratio devrait être de 25%. En cause, des promotions massives lors de l’intégration à l’armée en 2011 d’ex-rebelles et surtout à la suite des mutineries de 2014.

Toujours selon cette source, le pécule de départ proposé serait de 15 millions de francs CFA, soit près de 23 000 euros. Une somme qui peut paraître conséquente, mais qui vise à inciter ce corps intermédiaire à sauter le pas, tout en permettant à l’armée de réaliser des économies sur le plus long terme en versement de soldes.

La stratégie semble payante : sur les 991 militaires de cette première vague, 634 sont sous-officiers pour seulement trois officiers.

Pour le chercheur ivoirien Arthur Banga, la mise en œuvre de ce plan a été accélérée par les mutineries du début d’année. « L’idée, c’était de trouver une porte de sortie pour ceux qui parmi les soldats n’avaient plus cette envie d’être au sein de l’armée et recentrer sur la formation et la discipline de ceux qui souhaitent encore demeurer militaires ivoiriens », analyse-t-il.

Personne n’est visé, assure certaines sources au ministère, expliquant que ces volontaires sont globalement âgés, que certains sont malades et sont aussi bien issus du camp des ex-rebelles que de celui des ex-Forces de défense et de sécurité (FDS).

Par RFI

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