Enquête – Ramadan et transport, quelle réalité à Abidjan ?

Le jeûne du mois de Ramadan n’empêche pas le travail. Au contraire. Il requiert beaucoup plus d’efforts que de simplement s’abstenir de manger et de boire pendant la journée. En plus des actes d’adoration, le travail continue. Dans le cas d’espèce, incursion dans le secteur du transport. Quel est l’impact du mois de Ramadan sur cette activité professionnelle à Abidjan ?

Il est 16 heures ce samedi 11 juin 2016. Lorsque nous arrivons à Adjamé, sous une pluie battante. Cette commune abrite la plus grande gare routière du district d’Abidjan. Nous assistons à un défilé des passants où, chacun s’empresse de rentrer pour ne pas tomber dans les embouteillages et rater la rupture du jeûne en famille.

Accompagné d’un concert de bruit de moteur de véhicule confondu à celui des klaxons, nous nous dirigeons vers une compagnie de transport d’Abengourou. Devant le guichet, des passagers en fil indien. Chacun attend son tour afin de prendre possession de son ticket pour le départ. Le responsable de guichet est Camara Zamba nous explique que : “le mois de Ramadan n’impacte pas sur mon chiffre d’affaire car notre gare est différente des gares du nord du pays dont la majeur partie de la clientèle est musulmane”.

Si à la gare d’Abengourou, le Ramadan n’influence pas le travail, c’est tout le contraire dans l’une des gares de Séguéla. « Les deux premières semaines du mois de Ramadan généralement ça ne tourne pas fort. Nos clients musulmans, à cause du Ramadan, se déplacent peu.  C’est à une semaine de la fête lorsque les commerçants viennent chercher de la marchandise que ça commence à décoller » a expliqué Bakayoko Mamadou responsable de la gare. Si dans la commune d’Adjamé, certains transporteurs tirent le diable par la queue, à Abobo, l’une des communes les plus populaires du district d’Abidjan, présente une autre réalité. Les chauffeurs de mini-car communément appelés « Gbaka » et de taxis compteurs se frottent les mains. Car c’est le mois au court duquel ils font de bonnes affaires, voire multiplier la recette. Ce qui ne les empêche pas d’observer le jeûne et être à l’heure lors de la rupture le soir.

D’ailleurs, nous avons tenté à maintes reprises de contacter le président de la coordination nationale des gares routière de Côte d’Ivoire, Touré Adama afin qu’il puisse se prononcer sur la question. Mais en vain.

En revanche, il est à noter que pendant le mois de Ramadan, si certaines personnes font de bons chiffres d’affaire dans le secteur du transport, il est difficile pour d’autres de joindre les deux bouts.

Lanciné Kamara

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